Que Faire à Tokyo

Que Faire à Tokyo

Mis à jour en juin 2026

Tokyo peut intimider. La ville est immense, les quartiers se suivent sans se ressembler, et on ne sait jamais vraiment par où commencer. Après des années à l’arpenter, je peux vous dire une chose : il n’y a pas de mauvais itinéraire. Mais il y en a des plus malins que d’autres.

Ce guide est pensé pour un premier voyage, mais aussi pour ceux qui reviennent et veulent sortir des sentiers battus. On commence par les classiques, parce qu’ils le méritent, puis on creuse un peu.

Combien de jours à Tokyo

Trois jours, c’est le minimum pour gratter la surface. On coche Asakusa, Shibuya, Shinjuku, on traverse un quartier alternatif, on dort. Cinq jours, c’est là que la ville commence à respirer : on ajoute un parc, un sento, un quartier émergent, un dîner au comptoir. Sept à dix jours, c’est ce que je recommande à ceux qui veulent vraiment comprendre Tokyo, parce qu’on dégage du temps pour des excursions et des journées sans plan.

Pour un premier voyage au Japon, Tokyo se mérite dans un cadre plus large. Si vous arrivez tout juste, voyez d’abord vos 24 premières heures au Japon. Et si vous montez un itinéraire complet, mon itinéraire de 10 jours donne un cadre réaliste pour combiner Tokyo, Kyoto et une escapade en montagne.

Les incontournables

Senso-ji à Asakusa est le temple le plus ancien de Tokyo et probablement le plus photogénique. Allez-y tôt le matin pour éviter la foule, et profitez-en pour explorer les petites rues autour de Nakamise-dori, c’est là que se cachent les meilleurs senbei grillés sur place.

Le croisement de Shibuya est un passage obligé, ne serait-ce que pour l’expérience. Le meilleur point de vue est depuis le Shibuya Sky, réservez en ligne, c’est souvent complet. Juste à côté, le quartier de Harajuku mélange mode streetwear, crêperies et le sanctuaire Meiji Jingu, une forêt en pleine ville où le silence vous surprendra.

Shinjuku est le cœur battant de Tokyo. Côté ouest, les gratte-ciels et l’observatoire gratuit de la Mairie de Tokyo offrent une vue panoramique. Côté est, c’est le chaos organisé de Kabukicho, les néons, les izakayas et une énergie qu’on ne trouve nulle part ailleurs.

Akihabara reste fascinant même si vous n’êtes pas fan de manga. Les boutiques d’électronique, les salles d’arcade rétro et l’ambiance générale valent le détour. Et si vous cherchez un point de vue sur la ville, la Tokyo Skytree offre un panorama à 360°, impressionnant par temps clair. Pour une silhouette plus nostalgique, la Tour de Tokyo reste l’icône rétro de la ville, surtout illuminée à la nuit tombée.

Tokyo Skytree: Iconic Landmark and Observation Tower

Les quartiers à explorer

C’est ici que Tokyo devient vraiment intéressant. Loin des foules, ces quartiers montrent un visage plus authentique de la ville.

👉 Pour aller plus loin, j’ai consacré un guide entier aux 13 quartiers méconnus de Tokyo. C’est là que je passe mon propre temps quand je rentre dans la ville après quelques semaines en province.

Yanaka et Nezu forment un petit monde à part : ruelles étroites, temples discrets, chats errants et boutiques d’artisans. Le cimetière de Yanaka est particulièrement beau au printemps sous les cerisiers. C’est l’un des rares coins de Tokyo qui a survécu aux bombardements et à la modernisation, on y sent encore l’atmosphère du vieux Tokyo.

Shimokitazawa est le quartier bohème par excellence. Friperies, cafés indépendants, petites salles de concert et une atmosphère décontractée qui tranche avec le reste de la ville. C’est aussi l’un des meilleurs endroits pour dîner sans se ruiner.

Koenji est dans la même veine, en plus brut. C’est le quartier punk et alternatif de Tokyo, avec des bars minuscules, des disquaires vinyle et une scène musicale underground encore très vivante.

Nakano est mon quartier préféré pour décompresser le soir. À 4 minutes de Shinjuku en train mais sans les néons hurlants, c’est un dédale de ruelles bordées d’izakaya minuscules, avec une arcade Sun Mall qui grouille sans jamais étouffer, et le célèbre Nakano Broadway, paradis du manga rétro et des figurines. C’est aussi un excellent point de départ pour explorer à pied les quartiers voisins, Shiinamachi, Ogikubo, Higashi Nakano, Higashi Nagasaki, qui se touchent presque et se découvrent en marchant de ruelle en ruelle.

Kiyosumi-Shirakawa et Kuramae sont les quartiers émergents du moment. Torréfacteurs artisanaux, galeries d’art contemporain et anciens entrepôts reconvertis, un Tokyo plus calme, créatif et en pleine mutation.

Serene Cherry Blossom Temple in Yanaka, Taito-ku

Parcs et jardins

Tokyo est bien plus verte qu’on ne le pense. Les jardins japonais y sont parmi les plus beaux du pays, et ils offrent une pause bienvenue entre deux quartiers.

Shinjuku Gyoen est le plus grand et le plus varié : jardin japonais, jardin anglais et jardin français cohabitent sur 58 hectares. C’est l’un des meilleurs spots de Tokyo pour les cerisiers en fleur, et l’entrée ne coûte que 500 ¥ (~2,80 €). Attention, l’alcool y est interdit.

Koishikawa Korakuen, juste à côté du Tokyo Dome, est l’un des plus anciens jardins de la ville. Il est magnifique en automne avec ses érables rouges, et beaucoup moins fréquenté que Shinjuku Gyoen.

Rikugien est mon préféré. C’est un jardin de promenade de l’époque Edo, avec un étang central, des collines artificielles et une ambiance contemplative. En automne, il est illuminé le soir, un spectacle rare.

Pour une balade plus décontractée, le parc d’Ueno combine un grand lac, plusieurs musées (dont le formidable Musée national de Tokyo) et le zoo le plus ancien du Japon.

Une vraie pause : le sento de quartier

Si vous avez marché toute la journée et que vos jambes commencent à capituler, faites comme les locaux : direction un sento, le bain public de quartier. Tokyo en abrite encore des centaines, souvent cachés derrière un rideau discret, et c’est une expérience à part entière. Takara-yu à Adachi est l’un des plus beaux sento traditionnels de Tokyo, avec son bassin à carpes koï visible depuis le bain. L’entrée tourne autour de 550 yens, on peut louer une serviette pour quelques centaines de yens de plus, et on en ressort comme neuf.

Tranquil Cherry Blossoms in Shinjuku Garden

Manger à Tokyo

Tokyo est la ville qui compte le plus de restaurants au monde. Et contrairement à ce qu’on pourrait croire, on y mange remarquablement bien pour pas cher.

Le marché extérieur de Tsukiji reste un incontournable pour les fruits de mer frais. Le marché aux poissons a déménagé à Toyosu, mais les échoppes de Tsukiji sont toujours là, et c’est là que les locaux continuent d’aller. Arrivez avant 9h pour éviter la cohue.

Les yokocho (ruelles de restaurants) sont l’âme culinaire de Tokyo. Chaque quartier a les siens : sous les rails de Yurakucho pour des yakitori fumants, à Ebisu pour une ambiance plus posée, à Kichijoji pour un dîner décontracté. On s’assoit au comptoir, on commande une bière et on regarde le cuisinier travailler.

Ne sous-estimez pas les konbini (supérettes). Les onigiri de 7-Eleven ou Lawson sont frais, bons et coûtent entre 120 et 200 ¥ (~0,70 à 1,10 €). Les sandwichs aux œufs (tamago sando) sont devenus cultes pour une bonne raison.

Si vous aimez la cuisine, faites un tour à Kappabashi-dori, la rue des ustensiles de cuisine près d’Asakusa. Couteaux japonais, vaisselle en céramique, faux plats en cire, c’est aussi fascinant que les temples.

👉 Pour une vue d’ensemble de la cuisine japonaise (plats régionaux, étiquette, mots à connaître), voir que manger au Japon. Et si la chine vous tente, sachez que presque tous les sanctuaires shintō de Tokyo accueillent un marché aux puces une ou deux fois par mois : voir 8 marchés aux puces de Tokyo pour les dates et les meilleures adresses.

Nighttime Tokyo Street Food Stall with Traditional Lanterns

Sortir le soir

La vie nocturne à Tokyo est unique. Pas de grandes boîtes, plutôt des bars minuscules où l’on tient à six, des izakayas bruyantes et des ruelles éclairées aux lanternes.

Golden Gai à Shinjuku est le plus connu : six ruelles, environ 200 bars qui font chacun cinq ou six places. Certains n’acceptent que les habitués, d’autres accueillent tout le monde avec le sourire. Vérifiez s’il y a un cover charge avant d’entrer, en général entre 500 et 1 000 ¥.

Omoide Yokocho (« la ruelle des souvenirs »), toujours à Shinjuku, est plus orienté nourriture. Des brochettes de yakitori grillées sur le charbon, de la fumée partout et une atmosphère d’après-guerre qui persiste malgré les touristes.

Nonbei Yokocho à Shibuya est moins connu et plus intime. À peine deux rangées de bars en bois sous les rails du train, un vestige du Shibuya d’avant les gratte-ciels.

Pour une ambiance plus jeune et décontractée, les bars de Shimokitazawa et Sangenjaya attirent une clientèle locale qui préfère éviter Shinjuku.

Cozy Tokyo Alleyway: Exploring Shinjuku's Hidden Charm

Excursions d’une journée depuis Tokyo

Tokyo n’est pas qu’une destination, c’est aussi un excellent point de base. Le réseau ferroviaire qui en sort est l’un des meilleurs au monde, et en moins de 90 minutes vous êtes devant le Mont Fuji, dans une ville thermale, sur une plage du Pacifique ou dans une vieille capitale impériale.

👉 J’ai détaillé 10 excursions d’une journée depuis Tokyo que je fais et refais. Les deux que je recommanderais en priorité à un premier voyageur : Hakone pour les onsen et la vue sur le Fuji (1h30 en train depuis Shinjuku), et Kamakura pour le Grand Bouddha et la randonnée des temples (1h depuis Tokyo Station).

Voir un entraînement de sumo

Hors des six tournois annuels du Ryōgoku Kokugikan, on peut quand même voir les rikishi à l’œuvre dans leurs heya (écuries) lors des asageiko, les entraînements du matin. C’est silencieux, dense, étrange, et c’est l’une des expériences les plus marquantes de Tokyo pour qui prend la peine de la réserver.

👉 Voir mon guide pour voir un entraînement de sumo à Tokyo, avec les agences sérieuses, les heya qui acceptent les visiteurs et les règles à respecter (on ne photographie pas n’importe quoi).

Pour les étrangers, pour les Japonais

Les voyageurs étrangers viennent à Tokyo pour Shibuya, Shinjuku, Asakusa et le Mont Fuji, dans cet ordre. C’est efficace en quatre jours, mais c’est aussi un programme qu’on a vu mille fois. Les Japonais y vivent autrement : un brunch au coin café d’un quartier résidentiel, un dimanche après-midi à se promener dans Kichijoji ou Jiyugaoka, un izakaya minuscule à Nakano après le boulot, un sento à 21h, un dépann à Don Quijote à minuit. Si vous voulez goûter au vrai Tokyo, calez au moins une journée sans plan, dans un quartier résidentiel que personne ne vous a recommandé.

Faits méconnus et surprenants

  • Tokyo n’est pas officiellement une ville. C’est une préfecture (Tōkyō-to, 東京都) composée de 23 arrondissements spéciaux, 26 villes, 5 bourgs et 8 villages, qui s’étend jusqu’aux îles d’Ogasawara à 1 000 km au sud. Le « Tokyo » qu’on visite est en réalité les 23 arrondissements centraux.
  • La gare de Shinjuku est la gare la plus fréquentée du monde, avec environ 3,5 millions de passagers par jour (record Guinness depuis 2018). Plus de 200 sorties, un seul plan ne suffit pas à s’y retrouver.
  • Tokyo a brûlé deux fois au XXe siècle : le grand séisme de Kantō en 1923 (140 000 morts, dont 90% par les incendies qui ont suivi) et les bombardements de mars 1945 (100 000 morts en une seule nuit du 9 au 10 mars, davantage qu’à Hiroshima). Ce qu’on voit aujourd’hui est une ville reconstruite trois fois.
  • Il y a plus de restaurants étoilés Michelin à Tokyo qu’à Paris (environ 200 contre 100). Le ratio par habitant est l’un des plus élevés au monde.
  • Le passage piéton de Shibuya voit passer environ 2 500 personnes à chaque feu vert, soit près d’un demi-million par jour. Aux heures de pointe, c’est le passage piéton le plus fréquenté du monde.
  • Le quartier de Nakano, à 4 minutes de Shinjuku, a inspiré une grande partie des décors du roman 1Q84 de Haruki Murakami, qui y a longtemps habité.

Quand y aller, comment s’y rendre

Quand : fin mars-début avril pour les sakura (Shinjuku Gyoen, Meguro River, Ueno), fin octobre-novembre pour les momiji (Rikugien la nuit, Koishikawa Korakuen), décembre pour les illuminations (Roppongi, Marunouchi). À éviter : juillet-août (chaleur lourde, humidité étouffante) et la Golden Week (29 avril-5 mai, tout est plein et hors de prix).

Depuis l’aéroport : Narita est à 60 km du centre. Le Narita Express (N’EX) atteint Tokyo Station en 60 minutes (3 070 yens), le bus Limousine dessert les grands hôtels (3 200 yens, 90 minutes), le Keisei Skyliner relie Ueno en 45 minutes (2 580 yens). Haneda, plus proche, est à 15-30 minutes du centre via le Tokyo Monorail ou la ligne Keikyu (500 yens environ). Si vous arrivez à Haneda, vous gagnez une demi-journée.

👉 Pour comprendre le réseau ferroviaire japonais avant d’arriver, voir comment se déplacer au Japon.

Conseils pratiques

👉 Pour le choix d’un quartier et d’un hébergement, voir mon guide complet où dormir à Tokyo.

Sauvegardez vos coups de cœur sur une carte. Tokyo est immense et vous oublierez les noms des cafés, sento et boutiques que vous avez aimés au bout de trois jours. Une habitude qui change tout : épinglez-les au fur et à mesure sur une carte personnelle (j’utilise Ikuzo, conçue exactement pour ça, mais Google Maps marche aussi).

Prenez une carte Suica ou Pasmo dès votre arrivée. Ces cartes rechargeables fonctionnent dans tous les transports en commun et dans la plupart des konbini et distributeurs. Depuis 2023, les cartes physiques sont en rupture, utilisez la version numérique sur Apple Pay ou Google Pay.

Prévoyez de marcher. Beaucoup. Tokyo se découvre à pied entre les stations de métro, et c’est souvent entre deux quartiers qu’on fait les meilleures découvertes. Des chaussures confortables sont indispensables.

Réservez à l’avance pour les attractions populaires : Shibuya Sky, teamLab (les expositions permanentes Borderless à Azabudai Hills et Planets à Toyosu sont franchement datées et bondées, à mon avis surcotées par les réseaux sociaux ; leurs installations temporaires peuvent en revanche valoir le détour), et le Musée Ghibli, les billets partent en quelques minutes. Pour les restaurants aussi : les meilleures adresses de sushi omakase affichent complet des semaines avant.

Les konbini sont vos meilleurs amis. Distributeurs de billets (7-Eleven accepte les cartes étrangères), repas à toute heure, café correct, et même envoi de bagages. Ils sont ouverts 24h/24 et il y en a à chaque coin de rue.

Tokyo est l’une des villes les plus sûres au monde. On peut se promener partout à n’importe quelle heure sans inquiétude. Le seul vrai danger, c’est de rater son dernier train : les métros ferment vers minuit, et les taxis sont chers.

Tokyo, ce qu’on en garde

Tokyo est une ville qu’on ne finit jamais. Quinze ans qu’elle m’absorbe, et je continue à découvrir des quartiers, des restaurants, des sentos que je n’avais jamais vus. Le piège, c’est de la traiter comme une checklist d’attractions. Le secret, c’est de laisser un peu de hasard. Réservez trois choses pour vos jours à Tokyo : un sushi de bon niveau, une attraction qui demande un billet (Shibuya Sky, Ghibli, sumo), un dîner avec un Tokyoïte si vous en connaissez un. Tout le reste, laissez-le advenir. Vous reviendrez de toute façon.