Arato Shrine

Arato-jinja, l’entrée des bois

Une route qui rétrécit, un torii perdu entre des cèdres géants et un sanctuaire médiéval posé sur les pierres… À Arato-jinja, la forêt prépare longuement l’entrée.

Le torii n’est que le début

Arato-jinja se cache dans les montagnes de Niimi, au nord-ouest de la préfecture d’Okayama. Les derniers kilomètres passent par une route étroite, puis le sanctuaire apparaît au pied du mont Arato. Son nom signifierait justement « l’entrée du village de montagne ». Difficile de trouver plus précis. Un torii de pierre coupe le sentier, entouré de cèdres vieux de plus de 150 ans. Derrière, les marches continuent entre les troncs. Le portail n’annonce pas l’arrivée : il donne seulement l’autorisation de monter.

La lumière glisse en bandes sur le chemin, les murs de pierres disparaissent sous les plantes et le bâtiment reste invisible jusqu’aux dernières marches. Ici, le sandō, la voie d’accès au sanctuaire, vole facilement la vedette au sanctuaire lui-même.

Un dieu marin dans la montagne

Le mont Arato domine les alentours avec sa silhouette de marmite renversée. Surnommé l’Atetsu Fuji, il s’agit des restes d’un volcan entré en éruption il y a plus de deux millions d’années. Près du sommet, le basalte forme encore des colonnes à cinq ou six côtés.

À son pied, Arato-jinja honore notamment Ōwatatsumi no Mikoto, divinité de la mer, aux côtés d’Amaterasu et de seize autres kami. Un dieu marin installé au fond des montagnes, sur les pentes d’un ancien volcan : le casting local aime les contrastes. Ici, Ōwatatsumi est surtout associé à l’eau, celle qui descend des hauteurs avant de rejoindre les rivières.

Moyen Âge, sans piédestal

Selon la tradition, le sanctuaire fut fondé en 1324 au sommet du mont Arato. Détruit par un incendie, il aurait été reconstruit à son emplacement actuel en 1444. Son honden, le bâtiment réservé à la divinité, conserve une architecture de l’époque de Muromachi et bénéficie aujourd’hui d’une protection patrimoniale de la préfecture d’Okayama. Son toit en écorce de cyprès ne possède pas le porche avancé que l’on retrouve sur beaucoup de sanctuaires. Sous le plancher, aucun grand soubassement : le bâtiment repose sur un lit de pierres, selon une technique ancienne devenue rare. Un toit, du bois, quelques rochers. Et six siècles qui tiennent encore debout.

La mousse monte la garde

Autour du bâtiment, les dépendances restent simples, presque domestiques. Un komainu usé par la pluie veille entre les arbres, les yeux ronds, la gueule entrouverte et le corps couvert de lichens. Il ressemble moins à un lion menaçant qu’à une créature surprise en pleine garde. Arato-jinja tient finalement en peu de choses : un long chemin, un torii de pierre, un toit médiéval et un gardien fatigué. Le sanctuaire a posé les bases. Depuis, la forêt poursuit tranquillement le travail.

Okayama, côté secret, continue avec Manabe-shima, l’île de Florian Chavouet. Et pour une autre forêt qui prépare l’entrée d’un sanctuaire, Heisenji, full mousse jacket. Pour y aller : la ville de Niimi ↗.

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