À Minakami, dans la préfecture de Gunma, Igano Flower Garden occupe d’anciennes parcelles agricoles du quartier de Haba. Des bénévoles y cultivent des kochias, ces plantes rondes qui rougissent en automne, ainsi que de petits chrysanthèmes. L’entrée est gratuite, et le site se trouve à une dizaine de minutes en voiture de Takumi no Sato. La grande saison se joue en octobre, avec les chrysanthèmes qui prolongent la visite jusqu’au début novembre.



Premier été, premier fiasco
À l’origine, un habitant décide de remettre en culture un terrain envahi par les arbres. Avec sa femme et son beau-père, il travaille la terre à la main et plante environ mille kochias sur 500 m². La première année, les mauvaises herbes gagnent. Tout est à refaire. Un agriculteur lui conseille alors de couvrir le sol d’un film de paillage. La deuxième tentative fonctionne, les premiers visiteurs arrivent et le jardin commence à s’étendre.
Ici, l’automne repasse deux fois
Le rouge des kochias vient de leur feuillage. Leurs fleurs, beaucoup plus discrètes, apparaissent quand les plantes sont encore vertes. Mais à Igano, tous les plants ne changent pas de couleur au même moment. Et ce décalage est né d’un raté.


Un jour, pour simplifier les semis, le fondateur commande des plants à un fournisseur. Des kochias différents se glissent dans le lot et poussent dans tous les sens. L’année suivante, il repère parmi leurs descendants des plants qui rougissent plus tard. Il les isole et les cultive séparément. Le résultat profite aux visiteurs : une seconde vague de rouge coïncide avec la floraison des chrysanthèmes. On peut donc venir pour les premiers kochias rouges, ou plus tard pour les voir côtoyer les chrysanthèmes.
Le bus fait sa tournée


Avec son arrêt et son volant, le bus de paille semble prêt à embarquer du monde. Il vient de Takumi no Sato, le village voisin où sont exposées des sculptures en paille.



Les enfants peuvent entrer dedans et jouer au conducteur. Pour le maintenir en état, les bénévoles renouvellent sa paille chaque année. Les sièges en souches et les aménagements en bambou relèvent du même bricolage collectif.




Les nouilles sont pour les jardiniers

Le panneau « Igano no sobabatake » annonce le champ de sarrasin d’Igano. Lui aussi fleurit, mais la récolte a une autre utilité. À partir de novembre, une fois les visiteurs partis, quelques bénévoles se retrouvent pour en faire des soba, les nouilles japonaises à base de farine de sarrasin. Le jardin dispose même d’une arrivée d’eau de montagne.
Après les photos, le ménage
Le kochia se dit aussi hōkigusa, littéralement « herbe à balai ». Une fois sèches, ses tiges servent réellement à fabriquer des balais. À Igano, un atelier est organisé au début de novembre : les plantes que l’on photographiait quelques semaines plus tôt deviennent des objets à utiliser chez soi.



Le kochia étant une plante annuelle, il faudra ensuite renouveler les plantations. Le rouge de l’automne prochain commence par des graines, du désherbage et des bénévoles prêts à recommencer. En attendant, les vedettes de la saison finissent en corvée de ménage.


Les kochias en version grand format, c’est la colline du parc Hitachi Seaside en automne. Et dans la même commune de Minakami, la gare de Doai, voyage au centre de la Terre. Le village voisin et ses ateliers sur takuminosato.jp ↗