Faire sa valise pour le Japon est un exercice particulier. Le pays est ultra-équipé pour le voyageur, donc la moitié des choses qu’on emporte par habitude se trouvent en konbini à minuit pour 200 yens. Mais quelques objets vraiment cruciaux ne s’y trouvent pas, ou seulement à des prix idiots. L’idée de ce guide est de séparer les deux : ce qui doit absolument être dans la valise au départ, et ce qu’on peut tranquillement acheter sur place.
Je voyage au Japon depuis dix ans avec une valise cabine et un sac à dos. Ce qui suit est ce que j’apporte vraiment, plus ce que j’ai vu mes amis regretter d’avoir laissé chez eux ou d’avoir traîné inutilement.

La règle d’or : voyagez léger
Le Japon n’est pas un pays où on traîne une grosse valise. Les gares sont labyrinthiques, les ascenseurs rares, les ryokan ont des couloirs étroits, certains hôtels ont des chambres minuscules où une valise XXL ne se déploie même pas. Mes recommandations dures :
- Une valise cabine (55x40x20 cm, sous 7-10 kg) suffit pour deux semaines si vous savez lessiver dans la chambre.
- Un sac à dos de 15-25 L pour la journée, qui contient ordinateur ou appareil photo plus l’essentiel.
- Si vous voyagez à deux, deux cabines plutôt qu’une grosse soute. Indépendance totale dans les transports.
Si vous arrivez avec une grande valise, deux solutions : laissez-la à l’hôtel principal et déplacez-vous avec un sac de week-end pour les nuits hors du base-camp ; ou utilisez le service takkyubin (Yamato Transport, logo de chat noir) qui livre votre valise d’un hôtel à un autre pour environ 2 000 yens. C’est un changement de vie au Japon, voir mon guide Comment se Déplacer au Japon pour les détails.

Ce qu’il faut absolument apporter
Des chaussures de marche confortables et déjà rodées. Vous allez marcher 15 à 25 km par jour. Une paire neuve sans rodage est l’erreur la plus douloureuse possible. Préférez quelque chose qui se met et s’enlève facilement (sans laçage compliqué) : vous enlèverez vos chaussures dix fois par jour (temples, ryokan, certains restaurants). Une paire bien rodée et facile à enlever change tout le voyage.
Un adaptateur électrique. Le Japon utilise des prises Type A à deux broches plates (110V, 50/60 Hz). Pour un voyageur français, un simple adaptateur Type A se trouve à 5 euros. Pour les iPhone et MacBook récents (USB-C), ils acceptent le 110V sans souci. Pour les sèche-cheveux et appareils thermiques, vérifiez la compatibilité 100-240V avant de partir.
Vos médicaments personnels. Beaucoup de molécules courantes en France sont interdites au Japon (codéine, certains anti-rhume, Sudafed). Apportez vos ordonnances pour 30 jours maximum, plus une copie en anglais ou japonais. Pour les douleurs basiques (paracétamol, ibuprofène), préférez acheter sur place : les pharmacies vendent des marques équivalentes (Loxonin, Bufferin) à des prix raisonnables.
Un parapluie pliable très léger. Une averse imprévue est garantie au moins une fois par voyage. Vous pouvez aussi acheter un parapluie en plastique transparent à 500 yens dans n’importe quel konbini, donc ce n’est pas critique, mais un bon pliable dans le sac à dos évite la course à 3h du matin.
Une serviette en microfibre de voyage. Petit format, sèche en deux heures. Indispensable pour les sentos et onsens : on n’apporte pas une grande serviette, on a juste une petite serviette pour se sécher entre deux salles. Voir mon guide Meilleurs Onsen du Japon pour le contexte d’usage.
Vêtements en couches. Quelle que soit la saison, le Japon a des écarts thermiques marqués entre matin et après-midi, intérieur (sur-climatisé en été, sur-chauffé en hiver) et extérieur. Une chemise + pull léger + veste + écharpe légère est plus utile qu’un manteau seul.
Un chargeur portable (power bank). Les téléphones consomment énormément en navigation cartes et traduction. Une banque de 10 000 mAh tient une journée entière de visite intensive.
Cash en yens et carte sans frais à l’étranger. Plus de détails dans mon guide Combien Coûte un Voyage au Japon, mais en bref : retirez 30 000 à 50 000 yens à un ATM 7-Eleven dès l’aéroport, le cash reste essentiel pour les petits restaurants, les ryokan et les boutiques rurales.

Ce qu’on peut acheter sur place
Tout ce qui suit s’achète mieux et moins cher au Japon qu’à la maison :
- Cosmétiques et soins. Les drugstores Don Quijote, Matsumoto Kiyoshi et Tsuruha vendent des cosmétiques japonais excellents et bon marché. Vous repartirez avec plus de produits que vous n’en aviez en arrivant.
- Lingettes humides et masques en tissu (sheet masks). Le pays en regorge.
- Stylos, papeterie, carnets. La papeterie japonaise est mondialement reconnue. Itoya à Ginza, Tokyu Hands, Loft : prévoyez du temps.
- Sacs et accessoires textile. Hyaku-en (100 yens) shops comme Daiso ont tout : pochettes, élastiques à cheveux, chargeurs USB de secours, organisateurs de bagages.
- Sandales d’intérieur ou tongs. Si vous restez dans des ryokan, ils sont fournis. Sinon, achetez à 100 yens.
- Vêtements basiques. Uniqlo et Muji sont partout : T-shirts thermiques Heattech (hiver), AIRism (été), chaussettes à orteils séparés. Ne vous embarrassez pas de doublons.
- Brosses à dents et nécessaire de toilette. Les hôtels en fournissent gratuitement, et le konbini en vend pour 100 yens.
Liste saison par saison
Printemps (mars-mai). Couches superposables. Une veste mi-saison, un pull, un imperméable léger. Une écharpe légère pour les soirs frais. Voir mon guide Le Japon au Printemps.
Été (juin-août). Tissus très légers (lin, coton fin), couleurs claires. Sandales qui supportent la marche. Lunettes de soleil, crème solaire, chapeau ou casquette. Une serviette pour s’éponger le front (vendue partout). Maillot de bain pour les piscines d’hôtel ou les plages d’Okinawa. Voir mon guide Le Japon en Été.
Automne (septembre-novembre). Comme le printemps. Une veste imperméable est utile pour septembre (saison des typhons). Voir mon guide Le Japon en Automne.
Hiver (décembre-février). Manteau chaud, gants, bonnet, écharpe. Les températures à Tokyo descendent rarement sous zéro mais l’humidité rend le froid pénétrant. Bottes étanches si vous allez dans le Tohoku ou Hokkaido. Sous-vêtements thermiques (Heattech). Voir mon guide Le Japon en Hiver.
Connectivité
Pour le téléphone, trois options :
- eSIM (le plus simple) : Airalo, Ubigi, Holafly. Téléchargez avant de partir, activez à l’atterrissage. 10-30 euros pour 7-15 jours.
- SIM physique à l’aéroport : Mobal, Sakura Mobile, JAL ABC. Plus chère, plus lente à mettre en place, mais utile si votre téléphone n’accepte pas l’eSIM.
- Pocket Wi-Fi : petit boîtier à louer à l’aéroport, partage la connexion entre plusieurs appareils. Idéal en famille ou si on voyage avec un appareil photo connecté.
Le wifi gratuit est partout (gares, konbini, cafés), mais une connexion personnelle vous épargnera des heures de galère pour trouver un train ou un restaurant.
Documents et applications
Documents :
- Passeport valide 6 mois minimum après la date de retour
- Visa si requis (pas pour les Français pour moins de 90 jours)
- Billet de retour imprimé (parfois demandé à l’immigration)
- Confirmation d’hôtel pour la première nuit (parfois demandée)
- Assurance voyage avec couverture santé (la mienne est Chapka, très bien pour le Japon)
- Permis international si vous comptez louer une voiture
Faites en parallèle l’enregistrement Visit Japan Web 24-48 heures avant le vol pour le formulaire d’immigration et de douane dématérialisés. Vous gagnez 10 minutes au passage.
Applications utiles à installer avant de partir :
- Google Maps : reine du Japon. Compte aussi les correspondances et les coûts de train.
- Google Translate : téléchargez les dictionnaires japonais hors-ligne. La fonction camera traduit les menus en direct.
- Suica dans Apple Wallet (iPhone) : pour payer trains, bus et achats en konbini. Voir Comment se Déplacer au Japon.
- Tabelog ou Google Maps : pour trouver un restaurant. Tabelog est l’équivalent japonais de Yelp, plus fiable que les avis Google qui sont gonflés.
- Japan Travel by Navitime : alternative à Google Maps spécialisée transport, parfois meilleure pour les correspondances.
Ce qu’il ne faut absolument PAS apporter
- Trop de vêtements. Vous lessiverez ou en achèterez. Trois tenues complètes suffisent pour deux semaines.
- De la nourriture. Sauf restrictions alimentaires très spécifiques, le Japon a tout. Et les douanes peuvent confisquer la viande, le fromage frais, les fruits et légumes.
- Codéine et certains anti-rhume. Interdits, peuvent causer des problèmes à la douane si déclarés.
- Trop de cash en grosses coupures. Les ATM 7-Eleven acceptent les cartes étrangères 24h/24, vous n’avez pas besoin d’arriver avec 1 500 euros en cash.
- Une trop grosse valise. Vous allez la maudire dans les escaliers de la gare de Shinjuku.
Mon kit minimum pour deux semaines
Pour donner un point de référence, voici ce que je mets vraiment dans une cabine pour deux semaines de voyage au Japon en saison tempérée :
- 3 t-shirts, 1 polo, 1 chemise
- 2 pantalons (1 confort, 1 plus habillé)
- 1 pull léger, 1 veste imperméable légère
- 5 paires de chaussettes, 5 sous-vêtements
- 1 paire de chaussures de marche rodées + 1 paire plus légère pour le soir
- 1 serviette microfibre, 1 trousse de toilette de base
- 1 chargeur USB-C, 1 adaptateur, 1 power bank 10 000 mAh
- 1 carnet, 1 stylo, mes médicaments perso, mes papiers, du cash
- 1 appareil photo (mon Fujifilm X100) avec 2 batteries
Total : environ 8-9 kg, je peux courir avec dans les escaliers de Shinjuku. Et il reste de la place pour les souvenirs au retour.
Pour terminer la préparation, voir aussi mes 24 premières heures au Japon et mon guide L’Étiquette Japonaise pour les codes culturels à connaître. Et avant de réserver, le guide Quand Partir pour choisir vos dates.