Au Japon, la terre bouge presque tous les jours. C’est l’une des premières inquiétudes des voyageurs, et la question est légitime. La bonne nouvelle : dans l’immense majorité des cas vous ne sentirez rien, et quand vous sentirez quelque chose, ce sera une petite secousse sans danger. Le pays vit avec les séismes depuis toujours, et tout est pensé pour ça : les bâtiments, les trains, les alertes, les réflexes des habitants.
Ce guide explique ce qui se passe vraiment, ce qu’il faut faire dans les rares cas où ça secoue fort, et comment garder un œil sur la situation en temps réel. Sans dramatiser, mais sans rien cacher.
Le Japon tremble tous les jours
L’archipel se trouve à la rencontre de quatre plaques tectoniques. Résultat : plus de mille séismes ressentis par an, et des milliers d’autres trop faibles pour être perçus. La quasi-totalité sont des micro-secousses. Les séismes majeurs, eux, restent rares et concentrés sur certaines zones, souvent au large. Sur un séjour de deux ou trois semaines, vous sentirez peut-être une ou deux petites secousses, souvent la nuit, que vous prendrez d’abord pour un camion qui passe.
L’échelle shindo, pas la magnitude
Au Japon, on ne parle presque jamais de magnitude au quotidien. On utilise le shindo, l’échelle d’intensité de 0 à 7. La nuance compte : la magnitude décrit l’énergie libérée à l’épicentre, le shindo décrit ce que vous ressentez là où vous êtes. Un gros séisme au large peut donner un shindo faible sur la côte ; une petite secousse juste sous vos pieds peut sembler plus nette. Jusqu’à shindo 3, c’est anodin. À partir de 5, les objets bougent et les trains s’arrêtent par précaution.

Deux choses peuvent vous surprendre. D’abord l’alarme. Le Japon dispose d’un système d’alerte précoce, le Kinkyū Jishin Sokuhō : quelques secondes avant une secousse importante, tous les téléphones du secteur sonnent en même temps, d’une sonnerie stridente très reconnaissable. C’est impressionnant la première fois, mais c’est une bonne nouvelle, ça vous laisse le temps de vous mettre à l’abri.
Ensuite, les trains. Après une secousse notable, les lignes concernées s’arrêtent automatiquement le temps d’inspecter les voies. Votre journée peut se décaler de quelques heures. En pratique, tout reprend vite.
Les lignes suspendues étaient de nouveau pleinement opérationnelles quelques heures plus tard, à part quelques retards dans la journée.
Que faire pendant un séisme
Le réflexe japonais tient en trois gestes. Et surtout pas celui de courir dehors, où tombent vitres et tuiles.
- Baissez-vous au sol avant que la secousse ne vous fasse tomber.
- Abritez-vous sous une table solide et protégez votre tête.
- Tenez bon jusqu’à la fin, en gardant prise sur le pied de la table.
Dans un train, tenez-vous aux barres. Dans la rue, éloignez-vous des façades et des distributeurs. Dans un grand magasin, restez à l’intérieur et suivez le personnel, formé pour ça.

Sur la côte, le risque sérieux n’est pas la secousse mais le tsunami qui peut suivre. La règle est simple : si vous êtes au bord de la mer et que la secousse est forte ou longue (plus d’une minute), n’attendez pas l’alerte officielle, gagnez tout de suite les hauteurs ou les étages élevés d’un bâtiment solide. Les zones côtières sont jalonnées de panneaux d’évacuation vers le point haut le plus proche. En cas d’avis ou d’alerte, une bannière s’affiche sur notre carte et les sirènes locales se déclenchent.
Les applis et alertes à avoir
Installez-en une avant de partir. La plus utile pour les voyageurs est Safety Tips, l’appli officielle de l’office du tourisme, qui traduit les alertes en français et en anglais. NHK World diffuse l’information officielle en continu, et Yahoo! Bosai est la référence locale. Pour la source brute, l’Agence météorologique du Japon publie tout en temps réel. Bon à savoir : les alertes d’urgence arrivent sur tous les téléphones de la zone, quelle que soit votre connexion (eSIM, pocket wifi ou carte SIM locale).
Faut-il annuler ou changer vos plans ?
Presque jamais. Le Japon est grand, et un séisme qui frappe une région n’a généralement aucun effet à quelques centaines de kilomètres de là. Une secousse au large du Tōhoku ne change rien à un séjour à Kyoto, Tokyo ou Nagano.
Un voyageur inquiet demande, à propos d’un séjour à Tokyo, Nagano et Kyoto, s’il faut s’en faire. Réponse du fil : pourquoi ces régions poseraient problème, elles sont très loin de la zone touchée.
La carte en direct
Pour suivre la situation heure par heure pendant votre voyage, gardez notre carte sous la main. Elle se met à jour en continu à partir des données officielles de la JMA.
Consultez la carte en direct des séismes, tsunamis et typhons au Japon, mise à jour en continu.
Questions fréquentes
Le Japon est-il dangereux à cause des séismes ?
Non. Les bâtiments sont parmi les plus parasismiques du monde, les normes sont strictes depuis des décennies, et les secousses ressenties par les voyageurs sont presque toujours mineures.
Que faire quand l’alarme sonne ?
Mettez-vous à l’abri sous une table, protégez votre tête, attendez la fin. La sonnerie vous prévient quelques secondes avant la secousse.
Les trains s’arrêtent-ils ?
Oui, par sécurité, le temps d’inspecter les voies après une secousse notable. Le service reprend généralement en quelques heures.
Mon assurance voyage couvre-t-elle les séismes ?
La plupart des bonnes assurances couvrent les frais liés aux catastrophes naturelles, comme une annulation ou une nuit d’hôtel imprévue. Vérifiez la clause avant de partir.
Faut-il s’inquiéter du « grand séisme » annoncé (faille de Nankai) ?
Non. La probabilité de 70 à 80 % d’un séisme majeur sur la faille de Nankai dans les trente ans circule depuis des années : c’est une statistique de long terme, pas une date. En août 2024, le Japon a émis pour la première fois un avis de précaution « mégaséisme », levé une semaine plus tard. Aucune science ne sait prédire le jour d’un séisme, encore moins le caler sur vos dates. N’annulez pas votre voyage ; prenez simplement une assurance qui couvre les catastrophes naturelles.
Un gros séisme a eu lieu avant mon départ, dois-je annuler ?
Regardez d’abord où il a frappé. Si votre itinéraire est loin de la zone, il n’y a en général aucune raison d’annuler. Suivez les consignes officielles et la carte en direct.
À garder sous la main pendant votre voyage : la carte en direct, et notre guide de la saison des typhons au Japon si vous voyagez entre mai et octobre.